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Nombreux furent les jeunes appelés du Contingent nés entre 1932 et 1943 à traverser la Méditerranée pour ce que l’on appelait à l’époque « Le maintien de l’ordre ».

Certains y furent maintenus après le temps légal du service militaire, qui était alors de 18 mois. D’autres y furent rappelés abandonnant l’emploi, le commerce qu’ils avaient créé, mais également la famille, une épouse et des enfants.

Puis l’appel direct des soldats du Contingent des classes 55 à 63 dont un grand nombre y séjourne 28, voire 30 mois sans permission, passant deux Noëls loin des familles et amis.

Appeler «guerre» la guerre d'Algérie est une vieille revendication des associations d'anciens combattants.

Le terme « guerre d’Algérie » fut reconnu le 10 juin 1999 à l’Assemblée Nationale par les députés qui ont adopté à l’unanimité la proposition de loi officialisant cette expression. Loi promulguée le 18 octobre 1999, 45 ans après le début de la guerre !

Cette guerre a fait plus de 28.000 morts ou disparus et un grand nombre de blessés. Nombreux sont revenus malades, le corps meurtri ou avec des séquelles moins visibles, libérés sans la moindre visite médicale, mais heureux de retrouver le sol français qu’ils avaient quitté à 20 ans à la fleur de l’âge.

A ce jour, la moyenne d’âge de tous ceux qui ont opéré dans cette guerre d’Algérie oscille autour de 81 ans.

Depuis 1964, fin de la guerre d’Algérie, la date de plusieurs évènements aurait pu être retenue pour commémorer le souvenir de tous les morts de cette guerre.

Nous avons en mémoire :

- La déclaration, au lendemain des accords d’Evian du 18 mars 1962, d’un cessez-le-feu, que le FLN n’a pas ratifié et qui n’a pas arrêté cette guerre.

- Le 16 octobre 1977, retour des cendres du Soldat inconnu, mort en AFN, dans la crypte de Notre Dame de Lorette, qui aurait pu être la date mémorielle de cette guerre.

- Le 5 décembre 2002, inauguration du Mémorial National de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie. Monument au morts érigé sur le quai Branly en souvenir des morts pendant la guerre d’Algérie et de tous ceux qui ont disparu après le cessez-le-feu.

- Le 6 décembre 2012, le président de la République, François Hollande, décrète la date du 19 mars comme journée commémorative du conflit algérien. Cette loi fait l’impasse sur les violences et les crimes qui ont suivi le cessez-le-feu.

- Le 25 septembre, journée nationale d’hommage aux Harkis français et autres membres de formations supplétives.

Pendant le quinquennat de Nicolas Sarkozy, une mission réflexion menée par André Kaspi avait suggéré de ne garder qu’une seule journée de commémoration où l’on célèbre tous les morts des toutes les guerres et des conflits y compris les OPEX morts sur divers territoires ou pays. La loi fixant au 11 novembre la commémoration de tous les morts pour la France a été promulguée le 28 février 2012. Cet hommage ne se substitue pas aux autres journées de commémorations nationales.

Les Anciens Combattants d’Algérie ont plus de 80 ans et nos porte-drapeaux d’associations ont peine à participer à toutes les cérémonies.

Bien sûr il y a des dates mémorielles qu’il ne faut pas oublier :

08 mai : Victoire des alliés sur l’Allemagne nazie, guerre de 39/45

18 juin : appel du Général De Gaulle en 1940

14 juillet : prise de la Bastille en 1789 et Fête de la République Française

11 novembre : Armistice de 1918 qui met fin à la Grande Guerre

Certes toutes les dates sont honorables pour la mémoire de tous ceux qui ont perdu la vie et pour tous ceux qui ont participé à cette guerre de dix années.

Aucune date n’appartient à aucune association d’Anciens Combattants et Victimes de guerre.

Les commémorations sont faites pour honorer toutes celles et tous ceux qui y ont perdu la vie au service de notre pays et pour l’honneur de notre drapeau tricolore.

Le trop de commémorations peut tuer les commémorations.

 

 

 

Franck MILESI

Président National Honoraire